Été 2026 : le raphia raconte, le roseau souvient
Par Mélanie — blogueuse mode, 26 ans, toujours un cabas à l’épaule
Il y a des étés qui se portent comme une robe trop courte : on les sent partout, trop vite, trop fort. Et puis il y a ceux, plus rares, qui s’installent. L’été 2026 est de ceux-là. Il ne crie pas. Il tisse. Il sent le lin encore chaud, le café glacé du matin, le sel sur une clavicule, et cette fibre un peu rêche, un peu dorée, qui gratte à peine la peau du poignet : le raphia.
Cette saison, la pièce qui a une mémoire, c’est le sac en raphia — et plus précisément ceux d’Histoires de Roseau, cette maison familiale dont le nom sonne déjà comme un vers. Roseau, raphia, Madagascar, mains d’artisans : voilà mon fil d’Ariane.

le micro-short, le halter, le foulard, le bleu teal, les tongs enfin dignes — gravitent autour.
Le sac qui ne fait plus seulement « plage »
On a trop longtemps relégué le sac en paille au statut d’accessoire de vacances. En 2026, le raphia a quitté le bord de mer sans le trahir. Il est devenu un sac de ville, parfois même de bureau si le bureau accepte le lin froissé.
Chez Loewe, Prada, Miu Miu, Jacquemus, Polène, Vanessa Bruno, le raphia se structure : cabas éventail, seau, mini tote, hobo. Il s’habille de cuir, d’anses noires, de logos discrets. Le naturel n’est plus un alibi de simplicité : c’est un luxe de texture.
Le raphia vient des palmes du palmier Raphia, surtout à Madagascar. Léger, résistant, renouvelable, il ne « fait pas chaud » comme le cuir en juillet. Les versions 2026 que je vois partout : le cabas coloré, le bicolore paille et noir — le nouveau noir et blanc de l’été — et le format sculptural qui s’évase comme un éventail (la silhouette popularisée par le Cyme de Polène).
Marque Histoires de Roseau : quand le sac a vraiment une histoire
Histoires de Roseau n’est pas un habillage marketing. C’est une aventure familiale autour de l’artisanat du monde. Chaque sac, chaque chapeau, chaque pochette est fait main, principalement à Madagascar.
Le roseau, dans le nom, évoque la fibre, l’eau, la souplesse qui ne casse pas. À Madagascar, le tressage et le crochet de cette fibre sont un héritage. Rien n’est instantané — précisément ce que la mode 2026, fatiguée du jetable, est venue chercher.
La maison collabore avec des artisans locaux : beauté, durabilité, éthique. Dans la collection été 2026, des noms comme Vaya, Élaé, Florence, Mireva, Lio, Louisa, Mia, Luciana, Andi. J’ai choisi le cabas Vaya : des irrégularités de tressage, de petites variations de couleur — la preuve qu’une main est passée là.
La maison fait aussi des chapeaux (capeline, cowboy revisité) et des pompons. Le raphia n’est plus un accessoire isolé : c’est un vocabulaire.
Comment je porte mon Vaya
Règle n°1 : le raphia aime le contraste. Ne le marie pas uniquement au blanc cassé et à la robe à volants.
- Matin, en ville : chemise blanche nouée, micro-short en denim, mules mocassins, lunettes oversize, cabas à l’épaule.
- Après-midi chaud : robe halter à pois ou babydoll pastel. Le raphia casse la mièvrerie. Foulard dans les cheveux, bijoux dorés un peu trop grands.
- Le soir : robe longue ou smoking d’été + sac en raphia. Sequins d’un côté, paille de l’autre. Ça ne devrait pas marcher. Ça marche.
Version budget : Mango, & Other Stories, Zara, Monoprix, Maje, Sandro. Choisis un tressage serré et des anses solides.
Les autres tendances de l’été 2026
1. Le micro-short en denim
Retour années 2010, scène rock indie. On le porte avec une chemise d’homme, un cache-cœur, un maillot vintage. Denim brut, taille haute, ourlet franc.
2. La robe qui décide de la journée
Col halter, babydoll mini trapèze, pois. La robe blanche reste sûre si elle a un détail artisanal (broderie anglaise, dentelle). Le lin a cessé de s’excuser de froisser.
3. Boho, dentelle, fringe
Validé chez McQueen et Saint Laurent : un boho adulte. Dentelle + short de surf, fringe + blazer léger. Tactile.
4. Le sport détourné
Short de surf à cordon. Esthétique F1 et maillot de foot hors stade, avec jupe crayon ou tailleur.
5. Les pieds
Retour des tongs (The Row y est pour beaucoup). Aussi : mules mocassins, ballerines tressées, parfois en raphia.
6. Couleur, sheer, sequin
Teal, turquoise, jaune banane, prune, color block. Tons bijou. Transparence (Prada, The Row…). Sequin porté en journée, façon Sex and the City.
7. Foulard, lunettes, or
Foulard partout : cheveux, top, taille, anse de sac. Lunettes oversize / masque. Bijoux dorés organiques.
Cinq looks pour tenir jusqu’à septembre
- Chemise nouée + micro-short + tong noire + Vaya.
- Robe halter à pois + mule mocassin + pochette raphia.
- Bermuda de surf + cache-cœur dentelle + capeline + le même cabas.
- Smoking blanc + top sheer + escarpin + raphia + pompon à l’anse.
- Robe lin froissée + ballerine tressée + foulard prêt dans le sac.
Ce que cette saison dit
On ne veut plus jouer un personnage : la fille plage, la fille bureau, la fille soirée. On veut une matière qui traverse les trois. Le raphia fait ça. Histoires de Roseau, plus encore : le sac vient de quelque part. Des mains l’ont fait. Un palmier l’a donné.
Mon it-bag n’est pas celui que tout le monde reconnaît à vingt mètres. C’est celui dont on me demande « il vient d’où ? » et à qui je peux répondre une vraie phrase. Madagascar. Le tressage. Le roseau. Une histoire.
Je suis Mélanie. On se retrouve au café, le cabas sur la chaise d’à côté. Le raphia fera encore ce petit bruit de feuille, comme si l’été nous racontait enfin quelque chose.Si vous cherchez une idée cadeau original, vous pourrez trouver ce que vous cherchez.